Un kit complet pour documentaire à moins de 2 000 $

Un kit documentaire complet — caméra, objectif, son, lumière et support — pour tourner de façon professionnelle à moins de 2 000 $, monté par un opérateur de terrain.

Par Indian Point Film Editorial 16 mars 2021 5 min de lecture
A camera gear kit laid out

On imagine qu’il faut dix mille dollars de matériel pour tourner un documentaire sérieux. Faux. Il faut une caméra raisonnable, un bon objectif, un son propre, un peu de lumière, et de quoi tenir l’image stable. Répartissez intelligemment sur ces cinq postes et vous filmerez mieux que celui qui a claqué tout son budget dans un boîtier de luxe en enregistrant son audio sur le micro intégré de la caméra.

Le piège des débutants, c’est de mettre 90 % de l’argent dans la caméra. C’est à l’envers. Une caméra modeste avec un excellent son et un objectif piqué fait un film qui paraît et sonne professionnel. Une caméra chère avec un mauvais son fait un film qu’on éteint. Voici donc comment je répartirais vraiment environ 2 000 $ — en achetant d’occasion là où c’est sensé, parce que l’occasion est la seule façon de tenir ce chiffre.

La répartition

PosteChoixCoût indicatif
CaméraPanasonic GH5 (occasion)~700 $
ObjectifSigma 18-35mm f/1.8 (occasion)~450 $
SonRode Wireless GO II + enregistreur~350 $
LumièreGodox SL60W ×2 + boîte à lumière~300 $
SupportTrépied + petit stabilisateur~200 $
Total~2 000 $

Caméra : Panasonic GH5 (~700 $ d’occasion)

Le GH5 est le cœur de ce kit. D’occasion, autour de 700 $, il offre l’enregistrement 10 bits interne, des temps illimités et une bonne stabilisation interne — autant de choses qui comptent bien plus en documentaire que le dernier mot sur la taille du capteur. Le Micro 4/3 signifie aussi des objectifs moins chers et plus petits, ce qui garde honnête le reste du budget. Si la basse lumière est votre priorité absolue, chassez plutôt un GH5S d’occasion, mais la stabilisation du GH5 standard vaut beaucoup pour un opérateur solo.

Objectif : Sigma 18-35mm f/1.8 (~450 $ d’occasion)

Un seul objectif, mais le bon. Le Sigma 18-35mm f/1.8 est un zoom légendaire — piqué, lumineux, assez polyvalent pour couvrir l’essentiel des situations d’interview et de verité sans changer d’optique. Sur le capteur du GH5 il offre une plage utile et cette ouverture f/1.8 est de l’or dans les pièces sombres. Je prendrais ce seul zoom plutôt qu’un sac de focales fixes bon marché, tous les jours. (Plus sur l’optique dans mon guide complet des objectifs.)

Son : Rode Wireless GO II + un enregistreur bon marché (~350 $)

C’est là que la plupart des kits déraillent, alors ne lésinez pas. Le Rode Wireless GO II vous donne un audio sans fil sur votre sujet avec enregistrement de secours embarqué — clipsez-le directement ou branchez-y un cravate. Associez-le à l’audio du GH5 ou à un enregistreur bon marché comme seconde source. Un son d’interview propre, mobile et fiable pour le prix d’un objectif de kit. Cet achat unique fera plus pour la qualité perçue de votre film que tout le reste de la liste.

Lumière : deux Godox SL60W + une boîte à lumière (~300 $)

Deux LED lumière du jour et une boîte à lumière couvrent une config d’interview basique — une key douce dans la boîte, une seconde lumière en contre-jour ou en débouchage. La Godox SL60W est bon marché, assez lumineuse, et accepte les modificateurs standards. Ajoutez un réflecteur à 20 $ pour du débouchage gratuit. Vous obtenez une interview qui paraît éclairée exprès, et non par accident. Le guide d’éclairage d’interview explique où les placer.

Support : un trépied solide + un téléphone ou petit stabilisateur (~200 $)

Un trépied à tête fluide robuste n’est pas négociable pour les interviews — achetez le meilleur que votre budget restant permet, car une tête qui flotte ruine les plans fixes. Pour le mouvement, un petit stabilisateur ou même un gimbal de téléphone gère vos plans de coupe. Vous n’aurez pas la fluidité d’un travelling cinéma à ce prix, mais des plans en mouvement utilisables, ce dont la plupart des documentaires ont besoin.

Comment l’adapter

C’est un point de départ, pas une bible. Déplacez l’argent vers ce que votre projet exige.

Si votre film est surtout fait d’interviews, retirez de l’argent au stabilisateur pour un meilleur trépied et une seconde lumière — vous serez fixe la plupart du temps, et le poli vient du son et de la lumière. S’il s’agit surtout de travail observationnel en mouvement, faites l’inverse : investissez dans le stabilisateur et une bonne liaison sans fil, et souciez-vous moins d’un éclairage formel puisque vous tournerez en lumière disponible.

Achetez d’occasion sans crainte. Caméras et objectifs tiennent bien le coup ; le GH5 et ce Sigma ont été malmenés par des milliers d’opérateurs et continuent de fonctionner. L’argent économisé sur un boîtier d’une génération précédente, c’est de l’argent pour le son et la lumière, qui ne se démodent jamais. Un cravate propre et une key douce étaient beaux en 2015 et ils le seront en 2030.

Et résistez à la démangeaison de la mise à niveau. Ce kit tournera un film assez bon pour un festival ou un diffuseur. Ce qui sépare ce film d’un meilleur, ce n’est pas une caméra à 4 000 $ — c’est l’accès que vous obtenez, les questions que vous posez, et la patience d’attendre le moment. Achetez ce kit, puis allez dépenser l’attention qui vous reste sur tout ça.

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