Les meilleurs enregistreurs audio pour le son documentaire

Pourquoi un enregistreur séparé s'impose, et les enregistreurs de terrain à posséder — du Zoom H4n de poche aux configs multipistes Tascam et Sound Devices.

Par Indian Point Film Editorial 20 octobre 2021 4 min de lecture
A portable audio field recorder

La plupart des caméras enregistrent volontiers l’audio, et la plupart le font mal — préamplis maigres, vumètres faibles, convertisseurs médiocres, entrées qui soufflent dès qu’on monte le gain. Un enregistreur de terrain dédié corrige tout ça. Il offre des préamplis propres, de vraies entrées XLR, une vraie écoute au casque, et la possibilité de faire tourner plusieurs micros en même temps. Pour le documentaire, où le dialogue est tout l’enjeu, c’est la différence entre un son qu’on rattrape au montage et un son cassé avant même de commencer.

L’autre raison, c’est la redondance. Un enregistreur, c’est une deuxième paire d’oreilles et un deuxième jeu d’entrées — un endroit pour capter le son d’ambiance, une interview au débotté, une piste de secours qui tourne à côté de votre liaison sans fil. Quand on filme des moments irremplaçables, on veut bretelles et ceinture. Voici ce que j’achèterais à chaque niveau.

Zoom H4n Pro — la porte d’entrée de tout le monde

Le H4n Pro est l’enregistreur qui a appris à toute une génération à capter le son. Deux entrées combo XLR/TRS, des micros stéréo X/Y intégrés vraiment utiles pour l’ambiance, et un prix (autour de 220 $) qui ne fera fuir personne. Les préamplis ne sont pas immaculés — poussez-les fort sur une source discrète et vous entendrez un souffle — mais pour une interview avec un bon micro près de la source, ça mord rarement. Il marche sur piles AA, tient dans une poche de veste, et fait simplement le travail. Premier enregistreur ? Commencez ici.

Zoom H6 — le passage à quatre entrées

Le H6 (autour de 350 $) est le grand frère plus capable du H4n et l’enregistreur vers lequel j’orienterais la plupart des documentaristes. Quatre entrées XLR (six pistes au total) permettent de micro-cravater un intervieweur, un sujet, un cravate et une perche d’un coup. Les préamplis sont nettement plus propres que ceux du H4n, les capsules interchangeables sont astucieuses, et les vumètres sont lisibles. Pour les scènes à plusieurs — tables rondes, familles, tout ce qui dépasse une voix — c’est le point d’équilibre.

Tascam DR-70D / DR-701D — pensés pour la caméra

Le DR-70D de Tascam (autour de 200 $) vise droit le public du documentaire et du cinéma indépendant : un enregistreur plat à quatre entrées conçu pour se monter sous une caméra ou sur une cage. Le double enregistrement (une piste de sécurité 12 dB plus bas, au cas où quelqu’un crie) est un vrai sauveur. Le 701D ajoute de meilleurs préamplis et la synchro HDMI. Si votre flux est centré sur la caméra et que vous voulez son et image sur la même config, Tascam l’a fait pour vous.

Série Sound Devices MixPre — le haut de gamme

Quand le budget n’est plus une contrainte et que la fiabilité est tout, Sound Devices est le nom. Les MixPre-3 et MixPre-6 (bien au-delà de mille dollars) offrent des préamplis tout simplement d’une autre classe — propres, silencieux, avec une réserve de gain énorme — plus l’enregistrement 32 bits flottant sur les modèles récents, qui rend l’écrêtage quasi impossible. Surdimensionné pour un documentaire solo, indispensable pour une production financée où le son doit être irréprochable à chaque prise.

Comparatif rapide

EnregistreurEntrées / pistesIdéal pourPrix indicatif
Zoom H4n Pro2 XLR / 4Premier enregistreur, interviews~220 $
Zoom H64 XLR / 6Scènes à plusieurs~350 $
Tascam DR-70D4 XLR / 4Montage sur caméra~200 $
Sound Devices MixPre-64 XLR / multiFinancé, qualité diffusion1 000 $+

Comment choisir

Comptez vos micros. Si vous n’enregistrez jamais qu’une ou deux voix, le H4n Pro suffit largement et vous garde de l’argent pour l’optique ou la lumière. Si vous filmez régulièrement des conversations, des familles ou des panels, les entrées supplémentaires du H6 ou d’un Tascam se rentabilisent vite — manquer d’entrées en plein tournage est une situation misérable et irréparable.

Réfléchissez à l’endroit où vit l’enregistreur. Si vous travaillez seul et voulez tout sur la caméra, les boîtiers plats Tascam se montent proprement et gardent la config compacte. Si vous confiez l’enregistreur à un perchman ou le posez sur une table, les Zoom sont plus agréables à tenir et à manipuler.

Et quoi que vous achetiez, apprenez à utiliser le double enregistrement (ou le 32 bits flottant, si vous pouvez vous le payer). Régler ses niveaux avec une piste de sécurité 12 dB plus bas, c’est s’assurer qu’un éclat de rire ou une voix qui monte ne ruinera pas la prise. En documentaire, on n’a pas de seconde prise — le moment est le moment. Ce filet de sécurité a sauvé plus d’interviews qu’aucun préampli coûteux. L’enregistreur est aussi le point où le reste du kit se rejoint ; si vous spécifiez une config entière, voyez comment je monterais un kit documentaire à moins de 2 000 $ autour de lui.

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